Le deuil périnatal en deux temps : cette semaine, les causes, les étapes et les répercussions.

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Au Québec, les statistiques sont désastreuses. Une grossesse sur 5 ne se rend pas à terme.  Mais il se pourrait que ce chiffre soit beaucoup plus élevé car plusieurs femmes vivent cette situation en silence.  Pour ce qui est des mortinaissances, des grossesses ectopiques et des morts néonatales, on indique 1 grossesse sur 100.  Les chances de vivre 3 fois ou plus ces deuils périnataux sont de 1 sur 1000.

Voici un bref descriptif des deuils possibles :

  • Fausse couche : Décès d’un embryon ou d’un fœtus non viable pesant moins de 500 grammes, qui survient au cours des 20 premières semaines de grossesse;
  • Mortinaissance (ou mort fœtale) : Décès d’un fœtus pesant plus de 500 grammes qui survient dans l’utérus de la femme pendant la grossesse ou l’accouchement, indépendamment de la durée de gestation;
  • Mort néonatale : Décès d’un bébé né vivant qui survient à moins de 28 jours de vie;
  • Interruption volontaire de grossesse : Acte médical pratiqué, à la demande de la femme, pour mettre un terme à une grossesse non désirée;
  • Interruption médicale (ou thérapeutique) de grossesse : Acte médical pratiqué pour mettre un terme à une grossesse en raison d’un problème médical chez le bébé (p. ex. : malformations congénitales) ou chez la mère (p. ex. : quand la poursuite de la grossesse est dangereuse pour la santé de la mère)

Peu importe laquelle de ces situations sera vécu, il y aura un processus de deuil à faire. Chaque deuil est particulier car la relation à la personne perdue est unique à chacun et personne ne ressent la même chose.  Mais tous les deuils traversent 3 étapes soient, l’état de choc, l’état dépressif réactionnel et le soulagement et l’ébauche de nouveaux projets. 

Le deuil périnatal, aussi appelé deuil parental, représente des particularités différentes d’un autre deuil.  Il se compose de chagrins intenses, complexes et persistants avec plusieurs fluctuations dues à toutes sortes de stimuli extérieurs tels des dates, des événements, des odeurs ou encore des sons et des images.  Avec le temps la souffrance diminue mais elle peut persister ou réapparaître à tout moment au contact de ces stimuli.  C’est  un deuil très difficile émotionnellement. C’est un deuil très long.

Plusieurs couples éprouveront des difficultés suite à ce deuil.  Ceci est souvent dû au fait que les hommes et les femmes ne vivent pas leurs émotions de la même façon.  Si je me fie à notre propre expérience, mon conjoint ne parle jamais de nos bébés perdus alors que moi j’aimerais qu’il en parle.  Lui, le fait pour se protéger émotionnellement et ME protéger aussi alors que moi j’ai besoin d’en parler pour extérioriser mes émotions.  J’ai besoin de pleurer alors que lui, se le refuse.  Il m’est même arrivée de douter de son chagrin et c’est avec beaucoup de hargne que je le lui ai lancé à la figure.  C’est à ce moment que nous avons brisé la glace et discuté réellement de nos sentiments l’un et l’autre et aussi l’un envers l’autre.  Nous avons passé au travers mais certains ne réussiront pas et la perte de leur couple sera un autre deuil à assumer.

Vivre le deuil périnatal en famille est aussi une étape en soit.  Il est difficile pour le parent d’assumer que ses autres enfants puissent aussi avoir de la peine.  Après tout, ce ne sont que des enfants, qu’est-ce qu’ils y connaissent à la mort d’un bébé?  Les enfants d’une famille vivant un deuil périnatal vivront souvent des angoisses plutôt que de la peine.  Ils auront peur que le bébé soit mort à cause d’eux ou encore que leur maman meurt à son tour puisque son bébé est mort.  Ils éprouveront de la peine de voir leurs parents en pleurs mais ils se sentiront aussi abandonnés dans cet épreuve; maman et papa pleurent un bébé qui à leurs yeux n’existaient pas encore. 

Au Québec, nous les mamans avons la chance de bénéficier d’un congé de « maternité » si l’interruption de notre grossesse arrive après la 19e semaine de gestation.  Dans ce cas, le RQAP a mis en place un système nous donnant droit à 18 semaines de congé.  Certaines se demanderont ce qu’elles pourraient bien faire de ces 18 semaines.  Pour l’avoir vécu personnellement, elles sont nécessaires au processus de deuil.  Elles permettent de passer au travers des étapes de celui-ci sans se sentir prise entre la vie de tous les jours et la vie que nous sommes forcées de vivre à ce moment.  Ces semaines de congé de « maternité » nous donnent le loisir de vivre pleinement notre peine à notre rythme.

Malheureusement, la personne qui a pensé cette loi bénéfique pour la maman, n’a pas pris en considération les papas…  Aucune semaine n’est offerte à ceux-ci.  Aux yeux de l’état, les papas ne vivent pas de deuil.  Après tout, ce n’est pas eux qui étaient enceintes et qui ont accouchés de bébés mort-nés.  Non, ces messieurs ne vivent sûrement aucune peine, aucune perte.  Ils n’ont aucun sentiment.

Parce que ces pères n’ont pas le droit à la souffrance, celle-ci arrive souvent à retardement.  Il arrive fréquemment que les hommes, plutôt que de vivre leur deuil, le mettent en veilleuse.  Ceci apporte son lot de problèmes puisque c’est souvent à l’arrivée d’un autre bébé que les facteurs apparaissent.  Selon les « données préliminaires de recherche de Francine de Montigny, professeure en sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais, qui travaille depuis des années sur la santé mentale des pères, en période postnatale (…)16% (des hommes ayant vécus un deuil périnatal) avaient un score dit «élevé de dépression», se disant «plus tristes que d’habitude», «plus irritables que d’habitude».(…) Il y a plus: en sondant les pères sur leur niveau de stress, la chercheuse a aussi réalisé que les pères ayant vécu un deuil périnatal (fausse couche ou autre) étaient «significativement plus stressés» que les autres. «Ces pères étaient plus stressés avec leur enfant, avaient des interactions plus difficiles avec l’enfant, et percevaient leur enfant comme plus difficile également.» Tout cela, rappelons-le, près de deux ans après avoir traversé un deuil. «Oui, c’est surprenant», note la chercheuse. » (http://www.lapresse.ca/vivre/famille/201110/13/01-4456718-deuil-perinatal-la-souffrance-a-retardement-des-peres.php)

Plusieurs organismes offrent de l’aide pour les familles en deuil périnatal.  Renseignez-vous auprès de votre CLSC pour connaître ceux de votre secteur.

Le deuil périnatal est de moins en moins tabou.  Les gens en sont de plus en plus sensibilisés. Au Québec, le 15 octobre a été déclarée « la journée québécoise de sensibilisation au deuil périnatal. Cette journée est née suite à une initiative de l’Association Parents Orphelins. Une fête annuelle se déroule dans plusieurs villes du Québec.  À Montréal, on l’appelle la Fête Des Anges.  Ça dit tout non?

À toutes ces mamans et à tous ces papas qui ont vécus ou qui vivent présentement un deuil périnatal, je vous souhaite la sérénité.  On n’accepte jamais réellement.  On ne comprend certainement jamais le pourquoi nous.  Mais on peut se permette une petite lumière d’espoir. La vie n’est pas toujours noire ou grise, la clarté et la beauté reviendront après un temps.

INDICE BÉKÉ-BOBO: CHALEUR

Alie –xx-

SOURCES :

http://www.nospetitsangesauparadis.com/ 

http://infoprenatale.inspq.qc.ca/deces-et-deuil-perinatal.aspx 

http://www.parentsorphelins.org/topic/index.html 

http://www.chu-sainte-justine.org/Accueil/recherche.aspx?cx=017844554733218504908%3Af3r6-cwdip8&cof=FORID%3A10&ie=UTF-8&q=deuil&sa.x=0&sa.y=0

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=//A_29_011/A29_011.htm 

LECTURES SUGGÉRÉES :

http://www.lapresse.ca/vivre/famille/201110/13/01-4456718-deuil-perinatal-la-souffrance-a-retardement-des-peres.php

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