Rester à la maison ou retourner au travail

Dans un monde où l’argent ne serait pas nécessaire pour survivre, où nous n’aurions pas besoin de se valoriser par nos biens matériels, chaque maman ou papa ferait le choix de rester à la maison avec leurs bébés jusqu’à l’âge scolaire. Mais si on se met a y penser sérieusement, à faire les calculs nécessaires et voir quels sacrifices seraient suffisants pour y parvenir, il n’est pas rare de s’apercevoir que c’est peut-être plus réaliste qu’on pourrait penser.

Avant les jumeaux, j’avais une carrière prometteuse dans un domaine que j’aimais, mon mari et moi avions un rythme de vie intéressant, une maison en banlieue et un chalet dans le nord, on voyageait au moins une fois par année, on allait régulièrement au restaurant, bref un couple sans enfants avec une bonne vie ! Nous désirions plus que tout avoir des enfants; quatre ou même cinq. Pourquoi pas ? Lorsque est venu le temps d’y penser sérieusement, nous nous sommes poser les mêmes questions que la plupart des couples qui désirent avoir des enfants se posent : où allons-nous les élever ? Congé de maternité régulier ? Court ? Congé sans solde ? Garderie en milieu familial ? CPE ? Quelles sont nos valeurs en tant que parents ? Allons-nous les envoyer en garderie très jeune comme ma mère l’a fait avec moi et est-ce que je vais rester avec eux comme ma belle-mère l’a fait avec mon conjoint ? Nous avons tous deux eu une enfance très différente, mais n’avions pas nécessairement des opinions différentes au sujet de l’éducation et l’encadrement qu’on veut offrir à nos propres enfants.

Alors lorsque je suis tombée enceinte, nous avons vendu la maison en banlieue, préférant offrir un environnement sain, entouré d’arbre et de nature à nos futurs enfants. Nous avons rénové le chalet, qui était en fait une maison qu’on utilisait comme chalet. À 24 semaines de grossesse, mon médecin me retirait du travail. Le 26 août 2011 fût ma dernière journée de travail jusqu’à aujourd’hui. Bon disons-le, “de travail rémunéré” ! En plus de faire le choix de déménager plus loin, mon conjoint a dû changer le cap de son métier, il est passé d’employé à travailleur autonome, le 17 octobre 2011 on incorporait notre entreprise dans le domaine de la construction, avec le plus grand souhait : qu’elle fasse vivre notre famille ! Entre temps, je conservais ma place auprès de mon employeur, ne sachant pas si j’y retournerais ou non. Mon mari et moi planifions que je reste à la maison avec les bébés même au delà de mon congé de maternité et même des 20 semaines sans solde auprès de mon employeur mais nous ne savions pas ce que l’avenir nous réservait… Je pourrais devoir y retourner.

La routine seule avec les bébés à la maison se passait bien, je m’adaptais au fait de sortir moins souvent de la maison. Je pouvais parfois être quelques jours sans prendre la voiture, juste parce que je n’avais aucun besoin d’aller où que ce soit. Je m’occupais également de la paperasse de la compagnie, la facturation, les dépenses, répondre au téléphone. Ça m’occupait quand les bébés faisaient la sieste. Ce que je trouvais le plus difficile, c’était d’être loin de mes autres amies qui étaient aussi en congé de maternité. En déménageant dans les Laurentides, les seules personnes que je connaissais près de moi étaient mes beaux-parents et mon beau-frère. Quelques ami(e)s me rendaient visite parfois mais sans plus. Mon conjoint travaillais de plus en plus, donc était de moins en moins souvent à la maison. Encore aujourd’hui, depuis la naissance des enfants, on ne s’est payés aucunes vacances en famille et le restaurant, c’est moi ! Je vais magasiner beaucoup moins, je porte les mêmes vêtements qu’il y a 2 ans parce qu’on a pas les moyens d’en acheter des neufs ! C’est assez drastique comme changement de mode de vie !

Mais croyez-moi, lorsque chaque matin, vers 8h30 et parfois même 9h, j’entre dans la chambre de mes cocos qui me disent “coucou” avec leurs sourires fendus jusqu’aux oreilles, qu’on descend prendre le petit-déjeuner tranquillement, que je sirote mon café devant “Deux filles le matin” et qu’ensuite notre journée démarre, vers 10h… Je me dis à tous les coups : “Ça vaut tellement la peine”. Je n’ai pas d’horaire, personne qui s’attend à ce que je fasse ceci ou cela, pas de stress pour être à temps le matin et assez tôt le soir pour pas payer de pénalité de retard à la garderie. Les weekends, je me repose pour vrai parce que mon conjoint m’aide avec les enfants et mon ménage a été fait tout au long de la semaine, le lavage sec et plié le jeudi avant-midi, la vaisselle ramassée au fur et à mesure…

Je sais que ce n’est pas une décision facile à prendre, ce n’est pas tout le monde qui veulent ou qui peuvent délaisser des obligations financières pour se permettre de rester à la maison. Mais le calcul en vaut le jeu, calculez ce que votre salaire rapporte réellement au ménage familial et comparez-le aux frais de garderie, d’essence, de dîners au resto avec les filles du bureau, aux vêtements que vous devez vous acheter pour travailler, etc. Pesez aussi les pour et les contre de l’incidence qu’aura une telle décision sur votre vie de famille, sur votre santé psychologique ou celle de votre conjoint, sur la qualité de vie qu’aura vos enfants. Certaines filles ne peuvent simplement pas rester à la maison par besoin de socialiser, d’avoir leur petite vie à elles, sans les enfants et tout ce qu’ils impliquent. Je crois vraiment que cette décision doit être prise en toute connaissance de cause, ne précipitez rien, prévoyez un “plan B”, analysez le début de votre congé de maternité avant de vous faire une raison, gardez votre sécurité d’emploi jusqu’à ce que vous soyez certaine que ce type de train de vie vous convienne parfaitement et que vous et votre conjoint êtes à l’aise avec cette décision.

De mon côté, j’ai toujours cru que j’étais carriériste et que je ferais comme la majorité des mamans : envoyer mes enfants en garderie afin de réussir à gravir les échelons de mon ambition. Mais je me suis vite rendue compte que mes ambitions avaient changées en cours de route et que maintenant, j’avais plutôt l’ambition d’être maman au foyer, d’offrir à mes enfants le meilleur de moi-même, à tous les jours, de ne manquer aucun instant de leur vie, de leur croissance et de les aimer inconditionnellement, comme toutes les mamans, femmes de carrière ou non.

Bonne réflexion !

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3 responses to “Rester à la maison ou retourner au travail

  1. Je vous trouve très courageuse d’avoir pris en main votre changement de carrière de façon aussi organisée! Personnellement, j’ai passé la dernière année en dépression périnatale, et ce qui me manquait le plus, c’était la socialisation! J’étais toujours prise dans ma bulle et mes pensées noires ou angoissantes… Alors après avoir passé un an à essayer de me relever moi-même, sans réellement socialiser, j’ai beaucoup apprécié de me retrouver “forcée” à socialiser au bureau… Le retour au travail n’a pas été de tout repos; c’est une autre adaptation, mais somme toute, je suis enchantée de retrouver mes collègues!

  2. Pour le bien de notre famille (4 enfants) nous avons choisi que je travaillerais de la maison. Je suis donc travailleur autonome à raison de +/- 20 heures semaine. Par contre, depuis que les jumeaux ont eu 2 ans et demi, ils fréquentent la garderie les journées où je travaille. J’espère pour toi Marie-Pier que tout va continuer de bien aller alors que tu travailles de la maison mais avec les enfants qui vieillissent tu te rendras compte que c’est très difficile pour des enfants de comprendre que maman ne peut pas s’occuper d’eux à 100% car elle travaille. Les miens ne le comprenaient pas de tout, JE VEUX UN VERRE DE JUS, VIENT ALLUMER LA LUMIÈRE, MAMAN IL M’A PRIS MON JEU, etc… D’ailleur mes deux plus vieux ne le comprennent pas encore à 10 ans et 8 ans c’est pourquoi j’ai tellement hate que l’école reprenne. Je n’avance simplement à rien… Je te souhaite donc que tes enfants s’adaptent à cette façon de fonctionner car ici, nous avons tout de meme dû nous en remettre à la garderie… Bonne chance à votre famille dans ce beau changement et je vous souhaite de tout coeur le succes.

  3. Bonjour,
    Je suis la maman de 4 enfants. La dernière est atteinte d’une forme de dystrophie musculaire et je ferai l’école à la maison. Toute ma vie est organisée pour alterner des périodes de travail avec les périodes de soins ou d’éducation. Nous faisons la pré-maternelle cette année. Je suis devenue travailleuse autonome. Je travaille beaucoup de la maison et organise mes sorties professionnelles (rendez-vous) en fonction de l’horaire du papa et des grandes soeurs (11, 13 et 16 ans). Bien sûr, elle demande parfois de l’attention. Mon temps de travail se faire souvent par petites périodes de 15 minutes. Je «découpe» donc de que j’ai à faire en étape. Cela me permet de lui dire je termine ceci et ensuite je viens te voir. Elle sait que ce n’est jamais long. Je profite qu’elle joue à la pâte à modeler pour avancer un travail, de la sieste. Son éducation se déroule aussi un peu comme ça. En période stimulation de maman avec des périodes de «travail» autonomes. Je travaille l’équivalent de 15 heures par semaines (commis comptable, accompagnante à la naissance, animatrice gardiens avertis). Donc 3 heures par jours. Ça se fait très bien. Au travers de tout ça, je suis un service de garde en milieu familial. Je m’occupe donc de 2 autres enfants. Cela vient tempérer le budget.

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