Le coup de foudre Maman-Bébé : l’attachement envers un nouveau né ou même, envers deux.

article2Cette semaine, je devais vous présenter la première partie de mon article de Noël. Par contre, suite à une lecture sur une des pages FaceBook à laquelle j’appartiens, j’ai décidée de publier aujourd’hui cet article que j’avais prévu pour janvier. Un cri du coeur fut lancé par une maman alors j’espère qu’elle lira cet article et que ça pourra alléger son angoisse.

Je me souviens de mes cours prénataux. On nous montre un paquet de choses, certaines utiles, d’autres moins. On nous passe des vidéos à n’en plus finir sur les installations des sièges pour bébés. On nous parle de péridurale, d’alimentation durant la grossesse, d’allaitement, de préparation de purées de bébé, de santé en général. On nous présente ces films d’horreur sur les accouchements… Et finalement, on nous parle du coup de foudre que nous vivrons avec notre bébé. Cet amour infini qui s’installe entre une mère et son enfant dès la naissance.

Au premier, je me présente à l’hôpital le mercredi matin de ma 39e semaine pour me faire provoquer. 9ham, c’est le début du travail… Pitocin, ballon de dilatation, on y va à fond. On évalue mon bébé à plus de 10lbs. On me fait marcher le corridor de long en large pendant plusieurs heures. Je dilate mais à chacune des contractions, je suis tellement tendue que je contracte à l’inverse alors le bébé remonte et moi, je referme. À 15h, je dilate, je referme, je dilate, je referme… 22h30, toujours en contraction mais pas plus dilatée qu’à midi, on décide de cesser l’utilisation du pitocin et de me laisser dormir un peu. Reprise du travail vers 3ham, je dilate, je referme, je dilate, je referme… mon bébé et moi jouons au yoyo comme ça encore jusqu’à 12h30. Jusque là, je tiens le coup mais je suis crevée et j’ai mal. Par contre, on m’a tellement fait peur de la péridurale durant les prénataux que je la refuse systématiquement à chaque fois qu’une gentille infirmière me l’offre. De plus, les femmes accouchent depuis que le monde est monde alors je n’ai pas besoin de ça certain… Je suis aussi bonne qu’une autre. Finalement, à 13h le médecin me regarde et me dit, le cœur de ton bébé commence à s’essouffler. Depuis 9ham hier que tu es ici. Je t’offre deux choix. Péridurale et on essaie encore un peu ou péridurale et tu vas en césarienne. On me fait ma péridurale à 14h et à 15h44, le jeudi, NUMÉRO UNO arrive dans ce monde par voie naturelle. Un GROS 7lbs 2oz… Tout mignon, tout beau, tout rose, tout chaud… C’est l’Amour avec un grand « A ». Plus rien au monde n’existe à part ce petit être qui vient de nous. Nous sommes subjugués.

Pour ceux qui ont lu mon article « Deux + Un + Un + Deux = NOUS! », vous vous souviendrez que je vous ai décris mon idéal familial. Un garçon et +/- 21 mois plus tard, une fille. Et bien, NUMÉRO DOS s’est bel et bien pointé le bout du nez 16 mois plus tard mais OH PROBLEMO… C’est un autre garçon. De plus, il se pointe le bout du nez en vrai énervé. Si ma mère n’avait pas été là, il tombait par terre. Celui là n’est pas tout mignon, pas tout beau, pas tout rose ni tout chaud. Il est plutôt tout gluant, tout bleuté, tout frais et disons le franchement, pas beau du tout… Vous me voyez venir? Ce n’est pas le coup de foudre. Loin de là! Et en plus, je réalise que NUMERO DOS vient prendre sa place en tant que « MON BÉBÉ »… NUMÉRO UNO n’est plus mon bébé mais mon premier garçon. Il devient un grand frère. Je ne suis pas prête à le perdre ce bébé.
Oh! Je ne déteste pas NUMÉRO DOS… Après tout, il était désiré et il est en santé mais ce n’est vraiment pas la grande joie. De plus, nous n’arrivons même pas à lui trouver un prénom. Rien ne fonctionne. Il ne garde pas sa température alors je dois l’avoir collé à moi constamment. Il cri constamment car il a soif. L’allaitement ne fonctionne pas du tout (autre sujet pour un blog futur). Je n’ai même pas de colostrum et les infirmières refusent de me donner des préparations lactées. C’est mon Roméo qui se fâchera et ira à la pharmacie acheter le nécessaire. Finalement, NUMÉRO DOS arrêtera de pleurer. Au bout de 72 heures épuisantes, il garde enfin sa température et nous sommes autorisés à retourner à la maison. C’est le début de mon calvaire…

Je n’aime pas beaucoup mon bébé. Je le trouve laid. Mon corps n’en voulait sûrement pas puisqu’il n’a pas produit de lait… Je ne suis pas prête pour lui. C’est une fille que je voulais. Je m’en occupe constamment comme pour me faire pardonner tous ces sentiments contradictoires. J’ai tellement peur qu’il ressente ce rejet de ma part.  Au fond de moi, je l’aime mais pas avec un grand « A ». Ça prendra prêt de huit semaines avant que j’éclate. Suite à un appel de ma grand-mère qui aura su lire au travers moi et qui demandera à ma cousine de me téléphoner… En parlant avec cette cousine, je réussirai à lui dire comment je me sens et comment je me sens coupable de ne pas être « en amour » avec cet enfant. Et là, voilà tu pas qu’elle me dit : Eh bien… bienvenue dans le club. J’ai ressenti la même chose à l’arrivée de ma fille. Moi non plus je n’en ai pas parlée. Moi aussi je me sentais coupable. Et bien, au bout de quelques mois, j’ai appris à connaître mon bébé et maintenant on s’aime.

MERCI, MERCI, MERCI, MERCI, MERCI… Je déculpabilise enfin. Et à partir de ce moment, où enfin je ne me sens plus la mauvaise mère, la méchante, celle qui ne méritait pas son enfant, à partir de ce moment, j’ai commencée à réellement aimer NUMERO DOS. Je l’aime d’un amour profond, tout comme son grand frère…

Pourquoi, durant ces fameux cours prénataux, personne ne nous a dit qu’il se pouvait que nous ne connaissions pas instantanément l’Amour avec un grand « A »? Pourquoi on ne m’a jamais dit qu’un bébé, c’est un être avec sa propre personnalité et qu’on doit apprendre à se connaître… même s’il vient de moi? Pourquoi on ne nous averti pas qu’il est possible que ça prenne quelque temps, voire des mois, avant que l’amour s’installe entre une mère et son enfant? Qu’il est normal qu’au début, on ait l’impression de prendre soin d’un étranger et non de notre enfant?

À l’arrivée des jumeaux, j’ai vécu un peu le même phénomène. J’ai craquée pour NUMERO SEIS mais pas pour NUMERO SIETE… Je l’aimais et je le désirais. Mais je n’avais pas le même sentiment d’attachement envers lui qu’envers son ainé. Pourquoi??? Je n’en sais rien! C’était comme ça et c’était tout. Et puis, vers l’âge de 9 mois, NUMERO SIETE a été hospitalisé pour une pneumonie. J’ai passée 4 jours à l’hôpital avec lui. NUMERO SEIS venait nous rejoindre quelques heures le jour mais ne passait pas la nuit avec nous. J’ai donc passée ces 96 heures presqu’en exclusivité avec NUMERO SIETE et on a finalement développé ce lien d’attachement qui nous manquait. Aujourd’hui, je suis aussi proche de l’un que de l’autre. D’ailleurs, j’ai autant d’amour pour NUMERO UNO, DOS, SEIS et SIETE. Il est seulement différent de l’un à l’autre. J’ai appris à les connaître et je les aime pour leurs personnalités, leurs forces et leurs faiblesses.

Je vous écris tout cela car je voudrais lancer un appel à toutes ces mamans qui n’ont pas connu ou qui ne connaîtront pas ce GRAND COUP DE FOUDRE directement à l’accouchement. S’il vous plaît, ne vous sentez pas coupable. Ne vous sentez pas mal. Vous êtes normales. Vous êtes HUMAINES!!!

Bonnes grossesses à nos futures mamans et je vous souhaite une belle rencontre avec vos petits bébés. Vous découvrirez l’amour à vos rythmes et à celui de vos enfants.

Bonne semaine,
Alie.

PHOTO : Source loveherkissher#baby

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27 responses to “Le coup de foudre Maman-Bébé : l’attachement envers un nouveau né ou même, envers deux.

  1. Wow merci de ce témoignage…je parlais justement de ce coup de foudre utopique le week-end dernier. On nous brainwashe avec ça… Je suis quelqu’un de pragmatique, terre a terre,alors les grands elans d’amour incinditionnel je n’ai pas connu ça! Tu as tellenent eu d’obstacles a ton bonheur de Maman! Merci de partager

    • Merci de ton beau commentaire. C’est encourageant de voir qu’on touche du monde en écrivant ces parties personnelles de nos propres vies. Si je peux en aider juste une, je serai très heureuse!

  2. Je trouve ça super qu’une mère ose le dire! Peu le font alors cela contribue à nous faire croire que l’amour est instatané…. Bravo pour ton courage d avouer ces choses!

    • Merci Marie-Josée Lefebvre. Ça été très difficile à écrire et encore plus à assumer car mon NUMERO DOS lit maintenant. Alors j’ai dû prendre le temps de bien lui expliquer mes sentiments et de m’assurer qu’il comprennait bien que je l’aime aussi fort que les 3 autres. Déjà qu’il cherche tellement ça place dans notre grande famille…

  3. Bel article Natalie, vraiment touchant! Par ailleurs, bien que je les respecte entièrement dans leur choix, je me demandais pourquoi certaines maman préférait souffrir le martyr que de prendre la péridurale, alors que ce moyen de soulagement existe! Tu viens de me fournir aumoin une réponse 😉

    • Je suis bien heureuse Mireille d’avoir pu t’éclairer sur un bout du sujet. Je ne sais pas si tous les enseignements se font pareil mais à nos cours prénataux, ils ont tellement axés sur les dangers de la péridurale que mon conjoint et moi en sommes sortis traumatisés (ou presque). Et pour avoir accouchée pas mal dans le même temps que les autres participantes, elles aussi ont eu une peur bleue d’avoir recours à ce moyen de soulagement qui pourtant est vraiment efficace… D’ailleurs, au deuxième je suis arrivée à l’hopital en disant appelez l’anesthésiste, je veux ma péridurale d’ici 2 heures maximum…

  4. super beau texte! J’ai vécu la même chose, le premier né c’était l’amour fou tandis que les filles ca ma pris un bon mois avant ressentir cet attachement. Bravo pour ton courage!

    • Merci! C’est vrai que j’en ai fais des “brouillons” de celui-là… Mais j’ai tellement ressentie de culpabilité lorsque ça m’est arrivé que j’ai voulu aider à éviter ça aux autres. Espérons que ça aidera…

  5. Avant de publier cet article, j’ai parlé avec mon fils “NUMERO DOS” et je lui ai expliqué le tout et comment je l’aimais vraiment très fort. Il semblait à l’aise avec le sujet. Ce soir, j’ai eu le coeur brisé. Alors que les préparations du dodo allaient bon train, il s’est chicané avec NUMERO UNO et je suis intervenue. Il m’a tout de suite lancé : On sait ben, LUI tu l’aime avec un grand “A”… Si quelqu’une d’entre vous avez ressentie un bien être en me lisant, s’il vous plaît laissez un commentaire car moi, je regrette amèrement le sujet présentement. Alie -xxx-

  6. C’est bien de parler de ce phénomène que plusieurs mamans vivent et que très peu osent avouer. Je n’ai pas vécu ce non-attachement de mes bébés à la naissance. J’ai plutôt vécu un détachement qui est tout aussi tabou et si peu abordé. Lorsque ma fille est née, je ne voulais plus de mon garçon. Il était de trop. Pourtant, je l’aimais tellement et j’avais une relation si fusionnelle avec lui. Ça m’a pris du temps avant de me rapprocher de lui et d’apprivoiser notre nouvelle relation. Aujourd’hui j’accepte d’avoir des relations différentes avec tous mes enfants et je sais que je ne les aime pas moins, seulement différemment.

    Pour revenir un peu sur le sujet principal. J’ai instauré une routine de naissance si je peux m’exprimer ainsi avec mon conjoint qui j’en suis certaine nous aide beaucoup à favoriser l’attachement mère-père-bébé. Notre routine est simple, on refuse toute visite à l’hôpital ainsi que pendant la première semaine du bébé. Certains nous trouvent drastiques, d’autres nous trouvent sauvages mais on s’en fout. J’ai vraiment besoin de ce moment pour apprivoiser mon bébé et apprendre à le connaitre. Bien qu’il ait passé les neuf derniers mois dans ma bedaine, on ne se connait pas. Je trouve ça tout à fait normal de vouloir faire connaissance avec mon bébé avant de le présenter aux gens que j’aime. Pour moi, c’est une marque de respect pour cette nouvelle vie qui débute.

    • Merci beaucoup Mélissa du commentaire. Je trouve très bonne votre idée de rester seuls avec bébé durant au moins une semaine. Je n’essaierai votre truc puisque pour nous la famille est terminée mais si on me demande mes impressions, je le mentionnerai très certainement.
      Merci !

  7. Très beau témoignage, merci! J’ai également eu des difficultés lorsque ma fille est née. C’est encourageant de savoir que je ne suis pas la seule à avoir ressenti cela, car effectivement, on n’ose pas en parler à ce moment. J’aurai bientôt un deuxième bébé et j’angoisse depuis le début de la grossesse que cela pourrait se reproduire. Je penserai à ton article si c’est le cas… en espérant que non bien entendu!

    • Surtout ne culpabilise pas si ça t’arrive à nouveau. Reste HUMAINE et tu n’en seras qu’une meilleure mère. Aprrivoise ton bébé et il t’apprivoisera lui aussi. Bon fin de grossesse et bienvenue à ce deuxième bébé. Alie -xx-

  8. Cet article me fait bien réfléchir puisque jai connu une dépression post natale et je me sentait bien coupable.. Ce qui serais vraiment bien c’est qu’à l’hôpital il applique le respect de cet attachement puisque moi j’étais complètement perdu et je voulais pas vraiment que mes jumelles soient dans la chambres 24h sur 24 durant 72h .. Mais apparemment jetais une ‘folle’ … J’aurai aimer dormir me reposer … Penser un peu a ce que je venais de vivre en tant que femme et maintenant maman.. Ça été très dure pour moi d’accepter que dans ma chambre sa pleurai constamment et dans celle de ma voisine le bonheur planait !! Égoïste peut être mais je suis persuader que sans ce séjour de 72h j’aurais tomber en amour plus rapidement et je n’aurais pas vécu la dépression !! Merci beaucoup !!

    • Lorsque nous sommes nées, les mères ne gardaient pas les bébés dans les chambres. Nous étions en pouponnière et elles se reposaient afin de pouvoir s’occuper adéquatement de nous une fois à la maison. Maintenant, on laisse les bébés aux parents tout le temps. On dit que c’est pour créer le lien d’attachement mais à mon avis c’est simplement un manque de personnel dans les pouponnières… De cette façon, les soins sont laissés aux parents et les infirmières ne sont que pour répondre aux interrogations afin de soutenir le parent. Le choix devrait par contre être offert car oui lorsque nous accouchons de jumeaux, nous aurions bien besoin de sommeil et de temps pour nous avant de tomber dans cet enfer qu’est les premiers mois. Si quelqu’un connait des membres de conseils dans les établissements de naissances, ce serait un point à apporter à mon avis.

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