Comment j’ai survécu au premier mois des jumelles

Le premier mois avec les jumelles a été pour moi le plus difficile. On a beau s’être préparés mentalement à l’arrivée des bébés, on a beau avoir lu toutes sortes de livres et avoir assisté aux cours prénataux, rien ne nous y préparait vraiment. Avant d’avoir les bébés dans nos bras, ils restent un concept abstrait, à l’intérieur du ventre. Je n’ai compris ce que ça représentait vraiment comme charge d’avoir des jumelles, qu’une fois qu’elles sont arrivées à la maison. On a alors vécu les choses comme elles venaient, en comprenant au fur et à mesure comment ça fonctionne. Bien sûr, le Mieux vivre est un excellent manuel d’instruction, mais il n’est pas aussi efficace que la pratique pour apprendre à vivre avec ses enfants. Dans cet article, je vous explique comment on a survécu au premier mois des jumelles.

Après leur naissance, Estelle et Béatrice sont restées 5 jours à la pouponnière. Ça nous a paru long, mais en même temps, il y avait quelque chose de rassurant là-dedans. Ça repoussait le moment où l’on serait les seuls responsables de leur santé et de leur sécurité. Même si j’avais eu 8 mois pour me préparer mentalement à leur arrivée, j’étais quand même très anxieuse par rapport à la responsabilité d’être mère. On s’entend qu’à cet âge-là, on n’est pas capable de se lever pour se faire une toast. Bref, j’avais deux jolies petites filles qui dépendaient de moi et de papa et il fallait être à la hauteur. Je me souviendrai toujours du moment où FM est rentré dans notre petite chambre à côté de la pouponnière et qu’il m’a dit « Devine quoi? » en riant. Mon coeur s’est mis à battre. « Quoi? Déjà? ». Je me suis précipitée à la pouponnière pour parler au pédiatre et être certaine que j’avais bien compris : on retournait à la maison avec nos filles.

– Vous êtes sûr qu’elles sont prêtes?

– Oui madame. Je ne comprends même pas ce qu’elles font encore ici.

– Puis je fais quoi rendu chez nous?

– Vous vous en occupez. Vous êtes capable.

Mon père était en visite alors il nous a aidé à ramener les filles à la maison. Une fois arrivées, elles ont pleuré 3 heures de temps. Quand elles se sont rendormies, on a commencé à réfléchir à une manière de s’organiser. Heureusement, à l’hôpital, ils nous avaient donné quelques petites bouteilles de lait maternisé déjà prêt. On n’avait qu’à rajouter une petite tétine. On a donc eu un peu de temps pour réfléchir à la suite des choses. Et c’est là qu’on a réalisé qu’on n’était vraiment pas prêts! On a donc fait une liste des choses à aller acheter.

Voici ce qu’on n’avait pas prévu (oups) :

– Des tonnes de petites débarbouillettes.

– Quelques piqués pour la table à langer.

– Du savon pour les laver.

– De la crème pour la peau de bébé.

– De la crème à base de zinc pour les petites fesses irritées.

– Un chauffe-biberon.

– Du lait maternisé.

– La petite affaire magique pour aspirer la morve des bébés.

– Une poubelle pour mettre à côté de la table à langer.

Mon papa super gentil s’est donné comme mission d’aller trouver tout ça.

La première nuit, je n’ai pas vraiment dormi. On avait installé les deux moïses de chaque côté du lit et je passais mon temps à regarder si mes filles respiraient encore. Il faut dire qu’Estelle avait fait un arrêt respiratoire durant sa première nuit à l’hôpital. C’était donc normal que ça m’inquiète un peu. Les filles faisaient aussi beaucoup de bruit et pleuraient de temps en temps. Je dormais donc difficilement. Après deux semaines, on a laissé faire les recommandations du gouvernement et on les a couchées dans leur chambre. On les entendait très bien de toute façon.

Au début, j’essayais encore d’allaiter. On avait décidé de faire un système mixte. J’en allaitais une pendant que papa donnait un biberon à l’autre. La fois d’après, on inversait. Le matin et quand je pouvais, j’essayais de tirer le plus de lait possible.

Ma mère est arrivée à Chicoutimi très rapidement et elle est restée chez nous un mois pour nous aider. Comme ni moi, ni mon chum n’avons de famille dans la région, cette aide a été indispensable. Je ne sais pas comment nous aurions passé à travers les premières semaines sans elle.

Il y avait tellement de choses à faire, c’était décourageant. Après deux semaines, l’allaitement était officiellement terminé. J’étais trop épuisée. On a commencé à faire des rondes de nuit. Une nuit, deux personnes étaient chargées de s’occuper des boires et l’autre personne se reposait. Cette personne, qui avait dormi toute la nuit, était chargée de faire les tâches du matin pendant que les deux autres dormaient. On inversait les rôles à chaque nuit.

Pour ne pas m’effondrer face à la charge de travail, le seul truc que j’ai trouvé est de vivre le moment présent. J’y suis allée une tâche à la fois, en essayant de ne pas penser à ce qu’il faudrait faire après. Les infirmières à l’hôpital m’avaient dit que la première année allait être l’enfer et je ne voyais pas comment, fatiguée comme j’étais, j’allais pouvoir continuer à ce rythme-là un an. Je vous rassure, à un moment donné, on prend son élan et être mère devient comme une seconde nature. Il y a toujours des petites adaptations à vivre, mais selon moi, le plus difficile est de passer à travers le premier mois.

Il y a toujours des gens qui veulent rencontrer les bébés. On a décidé d’accueillir les gens seulement quand on sentait qu’on avait assez d’énergie. Même si tout le monde est super gentil et respectueux, c’est sûr que quand on a de la visite, ça fait une affaire de plus à gérer. Bref, quand on était trop fatigués, on ne recevait pas, point final. Encore aujourd’hui, quand je ne me sens pas assez d’énergie, je ne reçois personne et ne réponds même pas au téléphone. Je peux bien passer pour une sauvage, ça ne me dérange pas. Je m’occupe de la famille et de moi.

Quand mes filles dormaient, j’essayais de dormir aussi. Malheureusement, je ne réussissais pas vraiment à bien me reposer, parce que même si ma mère me disait qu’elle s’occupait de tout, j’étais toujours aux aguets et dès que j’entendais le moindre bruit, je bondissais du lit, prête à agir ! Avec le temps, on apprend à se calmer le pompon. C’est pas parce que les filles font un petit bruit qu’elles ont un besoin immédiat, urgent, gravissime.

C’est donc ainsi qu’on a vécu le premier mois, une étape à la fois, sans penser à ce qui s’en venait après. Quand ma mère est partie, j’ai senti une petite montée de stress, mais on s’est vite habitués à n’être que quatre dans la maison. On était bien partis de toute façon.

À toutes celles qui sont sur le point d’accoucher de jumeaux, de jumelles, de triplés, ou même plus, je vous conseille vraiment de demander à quelqu’un de proche de venir vous aider les premiers temps. Je ne sais pas ce qu’on aurait fait au début sans ma mère. Et n’oubliez pas : il faut vivre les débuts une étape à la fois, en respirant par le nez.

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2 responses to “Comment j’ai survécu au premier mois des jumelles

  1. C’est pour ça que j’étais contente que mes jumelles soient BB4 et BB5. Au moins, on avait l’expérience avec les nouveaux-nés et on savait à quoi s’attendre. Dans notre cas, les enjeux sont vraiment différents. Mes jumelles auront un mois dans 4 jours et j’ai trouvé le premier mois relativement facile malgré la césarienne, le début d’allaitement plus difficile et les tétées groupées de nuit. D’ailleurs, j’allaite par paresse car préparer des biberons pour deux bébés la nuit… ouf!!! Je pratique également le cododo pour minimiser mes réveils nocturnes. Au quotidien, notre plus gros défi est de gérer les trois autres enfants de 4 ans et demi, 3 ans 3 mois et 18 mois. Ils sont avec moi à temps plein et ils m’en font voir de toutes les couleurs. Nous avons l’aide du CLSC deux heures par semaine et une amie de la famille prépare nos repas. Le papa devra bientôt retourner au travail et je dois dire que m’occuper seule des jumelles ne m’inquiète pas du tout. C’est plutôt la dynamique avec les trois autres qui m’effraie. Peu importe notre situation, avant l’arrivée des jumeaux, il faut savoir bien s’entourer et se préparer.

  2. Wow je vie vraiment ca! nous sommes de retour a la maison depuis 2 semaies et jai ma mere avec moi la semaine et les fin de semaine elle retourne chez elle. La fin de semaine passé ouff javais peur dèn avoir un malade. Je savais meme pas trop comment prendre la temperature. Hier je suis sortie seul avec les bebes pour 15 mins. Jetais vraiment fiere de moi. Merci pour ton histoire, c bien de savoir que je suis pas seul au monde a me sentir comme ca

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