L’AVORTEMENT perçu par une maman!

avortement2

Aujourd’hui j’aborde un sujet tabou.  Tabou surtout sur un blog comme le nôtre qui se veut un hymne à la vie, à la famille et aux enfants surtout.  Aujourd’hui, je publie un article gris; gris teinté de nuances.  Aujourd’hui, je vous donne mon opinion sur l’avortement.

Suite à la mort du Docteur Henry Morgentaler les tribunes ne cessent de débattre du bien-fondé de son œuvre.  Si on peut appeler ainsi ses accomplissements.  Le Dr Morgentaler est celui qui aura ouvert la porte aux avortements légaux.  Sera-t-il aller trop loin, pas assez?  Loin de moi l’envi d’en faire un débat.  L’idée de cet article est par contre venue de là.  Suite à toute cette publicité qui entoure la mort du médecin, une discussion assez intense a eu lieu chez-moi face à l’avortement.  Je me suis rendu compte que je n’avais vraiment pas la même vision que beaucoup, face à ce choix pour les femmes.

Tout d’abord, établissons ma personnalité afin que vous puissiez comprendre le fil de mes pensées.  Je ne suis pas croyante.  Je ne suis pas athée non plus.  Je suis une indécise.  J’ai des convictions, des valeurs mais je refuse de me conformer au moule de la religion.  Mes quatre garçons sont baptisés.  Un peu par peur des chicanes familiales si nous ne le faisions pas mais surtout par peur que mes bébés meurent et que leurs âmes restent dans un état d’errance.  Je crois aux esprits, les bons comme les mauvais.  Je crois que nous les percevons tous si nous leur ouvrons « la porte » de notre âme.  J’ai fermé la mienne il y a quelques années, c’était devenu trop difficile à gérer.  J’ai perdu des gens que j’aimais beaucoup, je ne crois pas vraiment à la vie après la mort mais je souhaite tout de même qu’ils soient bien peu importe où ils sont.  Je suis certaine que plusieurs entités vivent chez-nous. Je les sens constamment qui m’entourent.  J’ai même un fils qui les voit.

Je crois à la liberté mais jusqu’à un certain point.  Je crois au libre choix mais jusqu’à un certain point.  Je crois surtout que chaque personne devrait atteindre un certain degré de maturité un jour dans sa vie afin de faire des choix éclairés.

L’avortement en est un.

Personnellement, je suis contre l’avortement.  Mais attention, pas contre à 100%.  Parce que comme pour tout le reste dans ma vie, j’y vois des nuances.

L’avortement comme moyen de contraception, je suis contre.  L’avortement parce que finalement on s’est trompé et qu’on réalise qu’on n’est pas rendu là dans notre vie, ça me répugne.  L’avortement obligatoire dans certains pays dû aux politiques restrictives d’un enfant par famille, je suis contre.  L’avortement volontaire par choix de sexe, ça me révolte…

Je suis pour l’avortement d’un embryon pour lequel on diagnostic d’énormes handicaps. Autant pour SA propre vie qui serait à jamais un calvaire, autant pour celles de ses parents qui vivraient ce calvaire par procuration tous les jours en se demandant constamment ce qu’ils ont fait de mal pour avoir mis au monde un enfant avec de si lourd problèmes…

Mais qu’en est-il si une fille se fait violer et qu’elle se retrouve enceinte?  Qu’en est-il si une femme tombe enceinte et qu’en même temps elle apprend qu’elle a un cancer?  Qu’arriverait-il s’y MOI, moi qui ai 4 enfants et qui à 38 ans ne veut plus d’enfant, si moi je me retrouvais enceinte parce que ma pilule contraceptive ne fonctionne pas bien ou pire, parce que j’en ai oublié un comprimé ?

Que fait-on dans ces situations?  Oh là là!

avortement

Pour la victime de viol, je ne la jugerais pas si elle décidait de se faire avorter.  De mettre au monde un enfant qui nous rappelle à tous les jours les sévices que l’on a vécus, je ne sais pas comment je vivrais avec ce choix!?!?  Si c’était moi?  Je ne sais pas.

Que ferais-je si j’apprenais que j’allais avoir un bébé et qu’on me diagnostiquait un cancer incurable.  Vous vivrez quelques années madame mais ne guérirez jamais!  C’est combien quelques années docteur?  Je ne pourrais vous dire… Généralement c’est entre 3 et 5 ans.  Mettrais-je au monde un enfant en sachant qu’il serait orphelin de mère durant sa petite enfance?  Je ne sais pas.

Et si je me retrouvais enceinte par mégarde, un accident comme on dit?  C’est là que ça a dégénéré chez-nous lors d’une discussion avec une copine.  Pour elle, pas de doute, c’est l’avortement immédiat.  Elle n’en parlerait probablement même pas à son conjoint.  Elle ne veut plus d’enfant.  Pour moi c’est autre chose.  C’est à nouveau mon jeu de nuances…  Non je ne veux plus d’enfant.  Non je n’ai pas envie de recommencer.  Oui je trouverais que c’est un « sale coup » de la vie.  J’en voudrais probablement à la terre entière et à mon chum encore plus car il refuse la vasectomie.  Il ne la refuse pas en ces mots mais ça fait tout de même 3 ans que j’ai accouchée des jumeaux et il n’a toujours pas consulté, il n’a pas le temps.  Mais pourrais-je me faire avorter?

Non!  Je ne pourrais pas.  Je ne pourrais pas car ce petit bébé que la VIE aurait décidé de m’envoyer, même si non désiré, je l’imaginerais déjà comme un bébé, un enfant, un ado, un adulte.  C’est un petit être humain et à mes yeux, l’humanité vaut d’être vécu.  On ne tue pas la VIE.

Tout en écoutant mon amie parler, je me suis prise à la juger.  Elle m’a déçue.  De voir que pour elle, sa propre personne passait avant celle d’un enfant en devenir m’a blessé.  De son point de vue, faire pipi sur un bâton et apprendre qu’on est enceinte ne donne pas nécessairement le droit à la vie.  Ce n’est pas un bébé, c’est un amas de cellules destructibles et plutôt que d’avoir à recommencer, elle détruirait ces cellules.  À ces paroles, j’ai vu l’avortement comme un geste d’un égoïsme sans pareil.

À force de réflexion, je me suis rendue compte que peu importe la façon dont on aborderait le sujet, peu importe le nombre d’heure de réflexion, peu importe tout, je ne pourrais pas TUER cet enfant.  Alors, j’imagine que je suis PRO-VIE avec des petites lignes de nuances…

Et vous, comment percevez-vous cet avancement du Dr Morgentaler d’avoir offert aux femmes le choix de porter ou non leur bébé et de se faire avorter dans la dignité plutôt que par des manières barbarres et dangeureuses?

Alie -xxx-

Advertisements

10 responses to “L’AVORTEMENT perçu par une maman!

  1. Personnellement, je suis pour l’avortement … avec des nuances. Il y a selon moi une grande différence entre une femme qui se fait avorter à 5 semaines de grossesse parce que des enfants elle n’en veut pas et une autre qui le fait à 6 mois parce qu’elle a vu à l’écho que le bébé a un bec de lièvre! Si une fille de 13 ans a des rapports sexuels et tombe enceinte je ne vois pas comment c’est une bonne chose pour elle ou pour l’enfant qu’elle le garde, si une femme a un problème de consommation et qu’elle est tombé enceinte parce qu’elle trop gelée pour un mettre un condom ou qu’elle n’a pas de domicile fixe, je vois pas comment c’est une bonne chose pour ce bébé. Bref, la vie à tout prix je suis pas d’accord… peut-être parce que je suis en criminologie et j’entends les choses atroces que des parents font à ces petites vies, ça me fait dire que vraiment pas tout le monde devrait être parent.

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi Vanessa que dans certaines situations (fille de 13 ans, femme avec un problème de toxicomanie) l’avortement est une bonne chose, si la personne impliquée le désire et si les gens autour d’elle pensent aussi que c’est ce qu’il y a de mieux pour elle/le bébé. C’est vrai aussi que tout le monde ne devrait pas être parent. C’est pourquoi je pense que des balises devraient mieux encadrer l’avortement. Ces situations difficiles peuvent mettre en péril le bien-être et la sécurité des femmes enceintes ou de leur bébé. Mais quand on parle de l’avortement sélectif, d’avortement comme moyen de contraception, on est dans un tout autre registre. Et c’est là que personnellement, j’ai un problème avec ça. Il y a des femmes qui se font avorter comme on retourne un chandail au magasin. Comment faire pour mieux encadrer cette pratique? Comment tracer la ligne? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais je souhaite qu’un jour, des gens se penchent sur cette question.

      • c’est très vrai Annie que l’avortement comme méthode contraceptive c’est complètement aberrant! Le problème avec les balises c’est de savoir on les mets parce que il y a autant de raisons d’avorter qu’il y a d’avortement donc c’est vrai que c’est dur de tracer la ligne …

  2. Tu m’enlèves les mots de la bouche… tu exprimes ma pensée mieux que moi-même. Oui à l’avortement en cas de handicap très important (mais ne me demande pas de tracer une ligne entre handicap très important et important et pas trop important, je ne saurais quoi te répondre). Oui, en cas de viol si la maman ne peut passer au travers de cette épreuve. Mais quand j’entends des histoires de filles qui en sont à leur 3e ou 4e avortement ”parce que le timing n’est pas bon, parce que mon chum n’en veut pas tout de suite, parce que ma famille est complète”… j’avoue avoir beaucoup de difficulté avec ça. On ne choisit pas toujours ce qui nous tombe sur la tête dans la vie, mais on fait avec. Ça s’appelle prendre ses responsabilités et agir en adulte. Des cas d’exceptions, des histoires tristes, oui, ça existe. Merci à ceux et celles qui ont milité pour ce droit. Ce fut une avancée pour la condition des femmes. Mais aurait-on oublié d’y mettre des balises? Comment faire pour mieux encadrer cette pratique? Je suis peut-être fleur bleue, pro-vie, ou appelez ça comme vous voulez, mais j’ai 4 enfants et chaque fois que le petit plus est apparu sur le test de grossesse, c’était déjà pour moi une vie, un bébé, un enfant, un être humain.
    Merci d’avoir fait un texte sur ce sujet. Oui c’est controversé, oui c’est un sujet délicat. Mais l’échange de points de vue, ça fait toujours grandir.

  3. Je suis contre et pour l’avortement. Cela dépend de la situation. J’ai vécu un avortement pour raison médicale. Mon premier bébé avait une acrânie (dans mon cas cerveau malformé et absence de crâne) donc soit je continuais ma grossesse au risque de le perdre n’importe quand et qu’il meurt quoiqu’il arrive à la naissance, soit j’avortais et j’allais apprendre à vivre avec ce sentiment… j’ai avorter, j’ai vu des filles partir au bloc pour le même médecin que moi avec le sourire… Je vis encore avec le sentiment que j’ai tué mon premier bébé mais si je sais j’avais pas vraiment le choix, car je ne vois pas dans mon rôle de mère mettre au monde un enfant qui va mourir dans les heures qui suivent sa naissance. Si je donne naissance à un bébé, je donne la vie et non pas la mort… Avorter pour grossesse surprise, je suis totalement contre ! Mes filles sont ‘issues’ d’une grossesse surprise, on est grand, on avait qu’à prendre nos protections si on ne voulait pas… Mes filles sont là et j’en suis fière. C’est un sujet tellement complexe car selon la situation notre avis peut changer ….

  4. Je vous remercie de commenter dans le respect. Je suis très heureuse que le sujet apporte un certain débat d’idées. Oui je trouve que des balises seraient importante mais comme l’a mentionné Vanessa, à quel point peut-on en metre? Je continuerai de lire vos commentaires. J’en ai reçu plusieurs sur les pages FB de nos associations de mamans de jumeaux et je ferai probablement un suivi avec un article futur une fois les commentaires lus… MERCI de vous intéresser à nos sujets même s’ils ne sont pas tous faciles.

  5. Je suis contre l’avortement, mais avec nuances. Je ne pourrais jamais poser un tel geste (un peu comme toi NathAlie), mais je crois que dans certains cas, l’enfant viendrait au monde dans un milieu tellement disfonctionnel et qui hypothèquerait tellement son avenir que c’est peut-être mieux pour lui que sa mère ne le garde pas. Cela dit si une femme prend la décision de garder son enfant, je crois qu’il faut la soutenir autant que possible peu importe sa situation.

  6. Mes bébés avaient tous 1 chance sur 2 de venir au monde avec une maladie qui dans certain cas peut être très grave mais dans d’autre très peu grave… c’est tout un questionnement croyez moi!! Le premier était visiblement très très atteint j’ai avorté avec beaucoup de peine mais avec le temps pas trop de remord, le deuxième je lui fais passer les tests pour savoir ils ont contaminé les résultats je ne savais pas alors tant pis j’ai mis au monde une petite fille en pleine forme, le troisième avait tout les symptômes quoi que moins atteints que le premier et la j’ai imaginé les allers retours à ste-justine les absences j’ai eu peur pour moi pour ma fille , j’ai donc avorté et j’avoue que j’ai souvent des remords je me dis et si…….4 eme grossesse je suis enceinte de jumelles non identique, le calvaire dans ma tête j’avais donc de très grande chance d’en avoir une atteinte lautre pas, et c’est ce qui est arrivé , ma grossesse a été un calvaire de questionnements … mais on a décidé de laisser la vie décidé et me voila avec 3 belles filles dont une atteinte d’ostéogénèse imparfaite a un degré assez bas , quelques petits pépins sont arrivé en chemin mais ma fille vie d’une façon pratiquement normal. Quand j’ai de la peine en pensant à mes deux petits anges je me dis que si j’avais eu ceux la je n’airais probablement pas les autres . Ma vie est exceptionnelle ce qui me fais dire que j’ai probablement fait les bons choix

  7. Je suis contre l’avortement et je suis contre l’eugénisme, la sélection du sexe. Pour les cas de viols et «d’accidents», on ne parle jamais d’adoption? Comprenez-moi bien: je suis contre le viol…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s